Tous les types de sédentarité ne sont pas égaux : Zoom sur une autre façon de s’assoir

Petit rappel des définitions. Dans le domaine de la santé publique, la sédentarité correspond au temps passé assis. La sédentarité se distingue donc de l’inactivité physique, qui elle correspond à l’absence d’activité physique recommandée à des fins de santé (environ 30 minutes par jours). J’ai écrit un article sur cette distinction que vous pouvez consulter ici.

Dans ce billet, je vous présente une étude qui s’est intéressée au niveau et type de sédentarité (temps passé assis) d’une tribu de chasseurs-cueilleurs, les Hadza de Tanzanie. Cette tribu présente un temps de sédentarité comparable au notre (environ 9h par jours), cependant, la manière dont ils accumulent ce temps sédentaire est bien différente. 

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Rappelons que plusieurs études ont montré que le temps passé assis avait un effet délétère sur la santé indépendamment du niveau d’activité physique (voir cet article par exemple). Aujourd’hui, on recommande donc de, simultanément, limiter sa sédentarité et pratiquer une activité physique régulière.

Prenons un exemple : une personne « A » passe ses journées assises à travailler devant un écran. En revanche, cette même personne « A », à l’habitude de conclure sa journée de travail par 45 minutes de course à pied. Au regard des recommandations de santé publique, cette personne est donc, à la fois, « sédentaire » (elle passe ses journées assise) et « active physiquement » (elle pratique la course à pied quotidiennement).

Comme les effets de la sédentarité et de l’activité sur la santé sont indépendants, cette personne « A » risque de souffrir des effets délétères de la sédentarité même si elle pratique une activité physique régulière. On lui recommandera donc de se lever régulièrement pendant sa journée de travail, de prendre ses appels téléphoniques ou de travailler, quand elle le peut, debout.

L’effet négatif de la sédentarité sur nos organismes peut sembler contradictoire d’un point de vue de l’évolution, puisque le repos et la capacité à réduire ses demandes énergétiques sont considérés comme des éléments importants de la sélection naturelle des espèces. Dans l’article que je vous présente aujourd’hui (publié ici), les auteurs ont fait l’hypothèse que ce n’est pas le temps passé assis, mais plutôt la manière dont nous nous asseyons aujourd’hui qui impacte négativement notre santé.

Pour tester cette hypothèse, les auteurs ont collecté des mesures permettant d’estimer le temps et le type de sédentarité d’une tribu de chasseurs-cueilleurs de Tanzanie, les Hadza. Les différents indicateurs de sédentarité étaient mesurés via des accéléromètres, des enregistrements vidéo et des mesures de l’activité musculaire par électromyographie.

Résultats. Comme dans nos sociétés industrialisées, les Hadza passent une partie significative de leur journée dans des positions assises, environ 9h, avec une cinquantaine de transition assis-debout par jours.

En revanche, tel que nous le montre la figure ci-dessous extraite de l’article, les Hadza s’assoient majoritairement à même le sol (ground sit), en position accroupie (squat) et à genou (kneel), pour respectivement 50%, 18% et 12% du temps sédentaire.

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La plupart de ces positions entrainent une activité musculaire supérieures à la position assise sur chaise (voir la figure ci-dessous). En position assise, les Hadza ont donc une activité musculaire faible mais constante tout au long de la journée. Cette activité musculaire et globalement supérieure à la nôtre lorsque nous sommes assis sur une chaise.

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Conclusion. Cette étude, bien qu’observationnelle, laisse penser que les positions assises qui entrainent une légère mais constante activité musculaire (contrairement à celles adoptées sur une chaise) seraient protecteurs des effets néfastes de la sédentarité sur notre santé. Si, comme moi, vous n’avez pas (encore) la capacité de travailler en position de squat, un « bureau debout » ou un « swiss ball » devrait faire l’affaire pour commencer.

N.D.L.R. Pour mieux me plonger dans le sujet, cet article a été écrit debout et assis sur le sol.

Référence.

Raichlen, D. A., Pontzer, H., Zderic, T. W., Harris, J. A., Mabulla, A. Z. P., Hamilton, M. T., & Wood, B. M. (2020). Sitting, squatting, and the evolutionary biology of human inactivity. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117(13), 7115–7121. doi: 10.1073/pnas.1911868117

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